Rencontres

≠ FAUVE : Dense et généreux

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Il y a un an environ, on m’a rigolé au nez quand j’ai demandé une interview avec ≠ FAUVE. Cette année, on me l’a proposé. Autant te dire, toi qui me lis là, que j’ai fait des saltos sur ma chaise ! Ouais rien que ça.

J’ai toujours été électrisé par la musique, les textes et la colère de ≠ FAUVE. C’est avec 20 minutes de retard et des papillons dans le ventre que j’appelle Fauve au téléphone.

 

≠ FAUVE, c’est avant tout, une bande de potes. Non en fait, c’est plus que ça, c’est une fratrie. Ils se sont affranchis, au départ c’était une thérapie de groupe. Ils sont tout le temps ensemble, ils livrent leurs plus profonds secrets. Et c’est aussi pour ça qu’ils se font discrets. Par pudeur au début, par nécessité désormais. Tout ce qu’ils disent, ils l’ont vécu. On a parfois l’impression de pouvoir s’identifier et c’est là qu’est la force de ≠ FAUVE.

Parce qu’on a tous une petite fratrie, on a tous vécu des trucs durs, beaux, plein d’amour ou plein de douleur. On a tous été en colère, été apaisé. On vit des étapes, un peu comme eux. Alors, on comprend totalement qu’ils ne veuillent pas apparaître au grand jour et on est content pour eux que leurs visages n’apparaissent pas dans les médias. Et peut-être que j’ai bu un coup, un jour, avec un mec de ≠ FAUVE, ou alors, j’en ai croisé un dans la rue, je ne le sais pas et je trouve ça chouette finalement.

 

 

En leur parlant de Vieux Frères Partie 2 je leur dis qu’il me semblent moins énervé que la partie 1. Et oui, ils sont plus apaisés, moins énervés, moins en colère. Parce qu’avec le projet ≠ FAUVE, ils ont une meilleure estime d’eux-mêmes. Ils entreprennent ce projet comme un carnet de vie, des instantanés de vies. Sans trop s’y attendre, cette partie 2 est plus ouverte vers les autres, plus contemplative aussi. Avec notamment le morceau Juillet (1998). Avant ils ont lutté, là, on les sent plus apaisé et c’est agréable. Pour eux, pour nous…

 

 

Leur musique et leur vision du projet réside en un seul mot : DENSE.

Leur projet est dense, généreux. Avec 3 disques en 3 ans, des titres inédits, plusieurs dizaines de clips, des concerts à ne plus savoir compter, ils sont là. Ils aiment produire, être généreux. Se faire plaisir. Dans cette densité, on retrouve le réel univers de ≠ FAUVE. On les reconnait aussi à ça. Je me rappelle à quel point j’avais été étonnée à la sortie de la partie 2 de Vieux Frères. J’avais à peine eu l’impression de m’approprier la partie 1. Et là, la densité prend tout son sens.

 

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Et puis, on a parlé de Frànçois and The Atlas Mountain ensemble. Parce qu’à force de discuter avec eux, j’ai retrouvé cette idée de tribu, de clan, un peu comme chez le Saintois et ses acolytes. Eux aussi, ils ont pris une claque en live. Comme moi.

Mais pour ≠ FAUVE, le projet est plus un collectif. ≠ FAUVE est au coeur du projet, tout ce qui est fait est au service du projet. « ≠ FAUVE est comme un animal de compagnie dont on aurait tous la garde ». Voilà, c’était plutôt bien résumé. Ce grand collectif aux contours flous, ces 6 personnes sur scène, plus les autres présents sur scène pour filmer, chanter, jouer… C’est tout ça ≠ FAUVE.

 

J’ai supprimé l’image d’enfants gâtés que je pouvais avoir, et je l’ai remplacé par l’image d’une grande fratrie pleine de bienveillance. J’ai écouté leurs titres avec plus de tendresse, plus d’attentions encore. ≠ FAUVE m’a touché en 20 minutes au téléphone.

 

Je ne pouvais pas finir cette interview sans leur poser les 3 questions de rigueur :

Si FAUVE était un gâteau, il serait quoi ?

Il serait un truc fort. Genre des bonbons à l’alcool ou un truc à la pâte de fruits. Quelque chose qui divise vraiment les gens. Il y a ceux qui adorent et ceux qui haïssent. Ça c’est ≠ FAUVE.

Dans les poches de FAUVE avant un concert, il y a quoi ?

Il y a souvent des petits médiators et des petits bracelets. Des petits mantras qu’on écrit et qu’on emporte avec nous.

Le mot de la fin ?

Merci ! Parce que ≠ FAUVE n’existe que par les gens qui le font vivre, merci !