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Projection Cinéma : Lionnes à Pessac

Mercredi 7 mars, la veille de la Journée internationale de la femme, le cinéma Jean Eustache de Pessac projettera à 20h30 un documentaire mené par deux étudiants bordelais, LIONNES : Enquête sur une reconstruction au féminin. 

Dix huit ans après le génocide, la caméra de Frédéric Kristiansson a permis de délier les langues des Rwandaises. Victimes certes, mais surtout reconstruites. Actrices d’une Afrique du XXIème siècle, ces femmes font changer les lois, les mentalités, la société rwandaise.

Tout au long du documentaire, Godeliève Mukasarasi, présidente de l’association SEVOTA (Structure d’Encadrement des Veuves et des Orphelins pour le Travail et l’Autopromotion) fait témoigner ses veuves qu’elle appelle « lionnes ». Elle vient d’être décorée par Human Right International en décembre 2011 pour sa contribution à la promotion de l’égalité des sexes.

La troisième édition de la soirée FEMMES / femmes est organisée par l’association Cinéréseaux. Précédée de deux court-métrages abordant la condition féminine en France, la projection de LIONNES fera place à un débat en présence d’Elisabeth Hofmann, chercheuse sur la question du genre.

Un documentaire mené par des étudiants

Frédéric Kristiansson (à droite) et Rodrigue de Ferluc (à gauche), deux étudiants bordelais, se sont rendus au Rwanda du 4 juin au 30 juillet 2011 pour le tournage du documentaire LIONNES : Enquête sur une reconstruction au féminin (52min). Partis de rien, sans connaissance du marché cinématographique, ils ont conçu ce film avec leurs propres moyens, et recherchent aujourd’hui des diffuseurs.

Après un an et demi d’enquête journalistique en collaboration avec l’association rwandaise de veuves SEVOTA, les réalisateurs reviennent sur la situation des Rwandaises après le génocide et l’évolution de leur statut. Aujourd’hui parrainé par les Nations Unies, le CROUS de Bordeaux, le PRES Université de Bordeaux, les universités Bordeaux 1 et Bordeaux IV ainsi que l’Institut français du Rwanda, ce documentaire pédagogique participe à une meilleure compréhension de la situation actuelle du pays.



Les Rwandaise au coeur du processus de reconstruction

À travers ce documentaire, l’ambition défendue n’est pas de livrer un message politique, ni de soutenir une version du monde plutôt qu’une autre. L’objectif est dansl’expérience sensible de la rencontre avec ces femmes, avec leur histoire. Dans ce qu’elles ont enduré et parviennent aujourd’hui à nous livrer. Dans le courage exaltant avec lequel elles se battent pour leurs droits. Aussi, de la même manière que notre philosophie s’inspire et se façonne à partir de l’expérience du terrain, il est pour nous nécessaire que ce projet s’inscrive dans une logique d’échanges,et que le film voyage. C’est pourquoi une tournée de diffusion en 2012 est prévue dans les villages du Rwanda.

Le champ de bataille du corps des femmes

Suite au génocide, de nombreuses associations et activistes politiques ont dénoncé « le champ de bataille du corps des femmes » et réclamé la reconnaissance des viols comme crimes de guerre. Ce premier combat institutionnel a ainsi poussé les Rwandaises à jouer un rôle de tout premier ordre dans la reconstruction du pays et à défendre des changements plus vastes concernant leur statut. Ce mouvement d’émancipation est important car il touche aux structures et aux normes de la société rwandaise. Il dépasse ainsi le cas des femmes victimes pour s’appliquer au statut des femmes en général. Le changement n’est pas uniquement sémantique; il est palpable, visible en faits et en droits. L’émancipation des Rwandaises s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus ample qui s’applique au continent africain dans son ensemble. La reconnaissance du rôle prégnant des Africaines, et plus généralement des femmes dans la société est aujourd’hui symbolisée par l’attribution du prix Nobel de la Paix 2011 à trois femmes dont Ellen Johnson Sirleaf, première femme à avoir été élue présidente d’un Etat africain, le Libéria.

Alors pour résumer, un documentaire sur les rwandaises le mercredi 7 Mars à Cinéma Jean Eustache de Pessac à 20H30 !